La Société Civile Forces Vives de la République démocratique du Congo (SCFV-RDC) a adressé une lettre ouverte à la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), exprimant sa reconnaissance envers les évêques catholiques pour leurs prises de position en faveur de la défense de la Constitution et les exhortant à intensifier leur engagement face aux inquiétudes suscitées par l’adoption récente de la loi sur le référendum.
Dans cette correspondance datée du 18 juin à Kinshasa et adressée aux cardinaux, archevêques et évêques membres de la CENCO, la plateforme citoyenne souligne le rôle historique joué par l’Église catholique dans la préservation de l’ordre constitutionnel en RDC.«Depuis 2015, la position de la Conférence épiscopale nationale du Congo sur l’intangibilité de l’article 220 de notre Constitution est restée constante, claire et prophétique», écrit la SCFV-RDC. Selon l’organisation, cette position a permis d’«épargner à notre peuple des déchirures inutiles» et de préserver les acquis démocratiques du pays.
La lettre intervient dans un contexte marqué par l’adoption, le 16 juin dernier, par le Sénat, de la loi sur le référendum, après son vote à l’Assemblée nationale le 10 juin. Le texte n’attend plus que sa promulgation par le président de la République pour entrer en vigueur.
Pour la SCFV-RDC, cette évolution alimente les craintes d’une éventuelle remise en cause de la Constitution actuelle, notamment de son article 220, qui interdit toute révision portant sur certaines dispositions fondamentales, dont la limitation du nombre de mandats présidentiels.
«Les Congolais sont à nouveau très inquiets», affirme la SCFV-RDC, relevant que «de nombreuses voix politiques, sociales et citoyennes, issues de toutes sensibilités, expriment avec force leur attachement à la Constitution et réaffirment leur refus catégorique de toute tentative de changement de notre Loi fondamentale».
Face à ce qu’elle interprète comme une menace potentielle pour la stabilité institutionnelle du pays, la Société Civile Forces Vives appelle les prélats de l’Église catholique à jouer un rôle fédérateur. Elle leur demande notamment «d’encourager l’intensification de la prière», considérée comme «l’arme la plus puissante», afin que «le Seigneur éveille la conscience des Congolais pour protéger notre loi fondamentale, gage de stabilité, de paix et d’alternance».
La SCFV-RDC exhorte également les évêques à lancer un appel à l’unité en direction des acteurs politiques et sociaux. «Tous les acteurs politiques et sociaux épris de paix» devraient, selon elle, «taire leurs égos et parler d’une seule voix sur la question majeure du moment : la Constitution dont l’article 220 est intangible».
Établissant un parallèle avec la crise politique de 2016, la plateforme citoyenne fait savoir que l’influence morale de l’Église demeure déterminante dans le débat national. «Comme en 2016, le peuple suit la voie tracée par ses pasteurs», souligne la lettre.
La Société Civile Forces Vives affirme enfin rester «en alerte maximale » et poursuivre sa mission de veille citoyenne. Elle se dit prête à collaborer avec «toutes les parties prenantes qui disent sincèrement et ouvertement non au changement de la Constitution».
Cette nouvelle prise de position intervient alors que le débat sur l’avenir institutionnel de la RDC continue de susciter de vives discussions au sein de la classe politique, des organisations citoyennes et des confessions religieuses.
Germain Aboki

