LUNDI 25 avril 2022 Deuxième semaine de Pâques C (Saint Marc, Évangéliste)

1 Pierre apôtre 5, 5b-14
Psaume 88 (89)
Marc 16, 15-20

La foi avant tout !

Chères sœurs, chers frères, que le Seigneur vous donne sa paix.

Trois années de formation ont suffi pour que les disciples de Jésus se mettent sur les routes du bassin de la méditerranée à proclamer l’Évangile. C’étaient d’ailleurs « des hommes sans cultures et de simples particuliers » comme le constatent les grands prêtres, les chefs du peuple, les anciens et les scribes. Ainsi l’atteste Luc dans ses Actes des Apôtres (4, 13). Saint Marc dont nous commémorons le martyre aujourdhui, après avoir accompagné Paul dans ses voyages, il joignit Pierre et aurait fondé l’Église d’Alexandrie où il serait mort martyr. Quel extraordinaire parcours, quel courage au-delà de l’exceptionnel ces hommes ont-ils fait preuve ! Et pourtant, ils n’avaient que la foi en Jésus mort et ressuscité. C’est ce qui leur permit de réaliser des signes qui ont conquis le monde. Et nous ?

Deux affirmations retiennent notre attention dans l’évangile du jour : « Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu » (Mc 16, 19). « Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient » (Mc 16, 20). Nous constatons premièrement un écart temporel qui sépare l’enlèvement de Jésus de l’activité des Apôtres. La première phrase emploie deux verbes tous au passé simple (enlever et asseoir) qui indique une action lointaine, ponctuelle et achevée tandis que la seconde phrase contient trois verbes (travailler, confirmer et accompagner) mais qui sont à l’imparfait ; un temps qui souligne l’aspect duratif de l’action du verbe ; un processus considéré dans son développement. Il sagit donc d’une action itérative, cela signifie qu’elle est répétitive et donc sans arrêt. Ce qui conduit, en deuxième temps, au constat suivant : bien qu’il soit élevé très haut, le Christ chemine de façon permanente avec nous et dans son Église. Son action dans les sacrements poursuit son œuvre créatrice et renouvelle sans cesse la face du monde.

Au-delà du temps et de l’espace qui séparent Jésus de ses Apôtres, il est clair que les Apôtres ne sont pas seuls. Jésus travaille avec eux, confirme sa Parole et les accompagne. Des expressions fortes de significations. Les Apôtres qui ont cru en Jésus désormais assis à la droite du Père, car la main droite de Dieu est signe de sa force et de sa puissance, reçoivent du Fils la puissance du Père qui prolonge son action dans le monde. À travers leur foi, les Apôtres deviennent des Christs prolongés. Seule la foi est capable de combler ce fossé espace-temps qui nous sépare du Christ. C’est cette même foi qui est demandé avant tout, à tous ceux qui reçoivent l’Évangile en vue du salut.

Chères sœurs, chers frères, Jésus le Ressuscité marche avec nous, il travaille à nos côtés et nous accompagne toujours. C’est encore possible aujourdhui puisque « Jésus Christ est le même hier, aujourdhui et éternellement » (He 13, 8). La foi est la condition nécessaire pour voir au-delà de cette absence-présence l’efficacité de l’action de Jésus continuée en nous. Cependant, pour d’aucuns d’entre les baptisés, la charrue doit être placée avant le bœuf : pour ceux-ci, il faut qu’il ait des signes pour croire. Et pourtant, la parole de Jésus est sans ambages : « Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants ». Pas l’inverse. Le schéma est bien clair : l’annonce de l’Évangile suscite la foi et l’adhésion au Christ dans le baptême et la foi produit des œuvres qui transforment la création. Saint Paul ne dit-il pas que « la foi naît de ce que l’on entend ; et ce que l’on entend, c’est la parole du Christ » ? (Rm 10, 17). Le parler en langue, les signes et prodiges, les exorcismes sont simplement des spectacles gratuits quand ils ne sont pas fruits de la foi.

Ce même appel à préférer la foi avant toute chose retenti dans la première lecture qui est une exhortation que Pierre adresse à la diaspora chrétienne dispersée dans les régions de Pont, de Galatie, de Cappadoce, dans la province d’Asie et en Bithynie (cf. 1P 1, 1). L’annonce de l’Évangile une fois accompli selon la recommandation du Seigneur : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création » (Mc 16, 15). L’heure est maintenant au maintien de la foi des Églises — au soin des âmes à garder la sainte doctrine et à vivre humblement et pieusement la pratique chrétienne au quotidien — par le moyen des parénèses. Pour ce faire, Pierre préconise la force de la foi comme une arme redoutable contre l’adversaire, le diable (cf. 1P 5, 9). Cette foi est le don de la grâce que nous ne pouvons laisser sans effet. Si réellement dans notre vie, partout où nous nous trouvons, que ce soit en famille, dans nos lieux de services, à l’école ou à l’université, que ce soit dans la société, nous sommes des hommes et des femmes de foi, surement, cette parole de Jésus sera confirmée : « En mon nom, ils expulseront les démons ; ils parleront en langues nouvelles ; ils prendront des serpents dans leurs mains et, s’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mail ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s’en trouveront bien » (Mc 16, 17-18). Tout ceci ne pas de la pure fiction. La foi est une entité du réalisme.

Excellent début de semaine à toutes et à tous. L’amour vaincra !

P. Jean-Glory MUKWAMA, a.a.


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