LUNDI 2 mai 2022 Troisième semaine de Pâques C (Saint Athanase)

Actes des apôtres 6, 8-15
Psaume 118 (119)
Jean 6, 22-29

Pain mangé, Christ retrouvé

Chères sœurs, chers frères, que le Seigneur vous donne sa paix.

Cette semaine, à travers la méditation du chapitre 6 du saint évangile de saint Jean, l’Église nous fera passer toute une journée avec Jésus à Capharnaüm. Nous y écouterons le fameux discours prononcé par Jésus lui-même sur le pain de vie. Ces sont de paroles inspirées par l’Esprit, pleines de sagesse et de vie. Mais en même temps, elles sont dures pour ceux qui ne voient pas au-delà du signe le signifié c’est-à-dire, ce dont le signe n’est que l’expression extérieure. Jésus sidentifie au pain, l’aliment de base de son peuple. Le pain est dans la tradition biblique un don de Dieu qui devient source de force pour l’homme (cf. Ps 104, 14, 2Co 9, 10). Il est un moyen de subsistance si essentiel que manquer de pain, traduit encore aujourdhui dans le langage courant, manquer de tout (Am 4, 6 ; Gn 28, 20). Si Dieu nous donne tout en nous donnant le pain, il se donne soi-même en nous donnant Jésus. En conséquence, recevoir ce don de Dieu qu’est Jésus, c’est recevoir Dieu lui-même. Au-delà du pain quotidien qui nous fait tenir sous le soleil et la nuit, il y a un pain éternel qui nous tient pour l’éternité. C’est celui-ci qu’il nous convient de chercher à tout prix sans négliger celui-là. Ainsi donc, travailler aux œuvres de Dieu, c’est en réalité accueillir dans la foi, avec gratitude ce que sa main toujours généreuse nous donne : « l’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé » (Jn 6, 29). Notre foi en Jésus Christ, pain donné pour la vie du monde, est en ce sens notre propre collaboration qui nous fait participer à l’œuvre de salut.
« JE SUIS le pain de la vie » est le refrain rythmique de ce chapitre 6 de Jean. Nous reconnaissons tout de suite au syntagme « JE SUIS » la révélation du nom de Dieu à Moïse (cf. Ex 3, 14). Certes, Jésus dit aux foules qui le suivent et à nous aujourdhui qu’il est Dieu. Il nous dit aussi que Dieu est pain ; le pain qui procure la vie. Croire dans la simplicité en cette réalité, c’est voir dans la fragilité et dans l’aspect dépouillé du pain la voie par excellence que Dieu choisie parfois pour venir jusqu’à nous. Dieu se révèle et se donne à l’homme dans les choses toutes simples, ordinaires et même aussi humbles et banales qu’elles puissent paraître. Quant à nous, il nous faut simplement avoir des yeux de foi et un cœur attentif pour y percevoir le sceau de Dieu.
Un des lieux sûrs où s’actualise au quotidien ce passage du précieux don divin aux mains humaines, le lieu où se fait l’incrustation du Verbe éternel, Dieu à jamais Vivant, dans le pain livré aux hommes est l’Eucharistie. C’est là que la majesté de Dieu vient habiter l’ordinaire de la matière créé et nous élève à l’extraordinaire mystère divin. C’est un moment inouï qui marque le trait d’union entre le ciel et la terre. Prendre part à la table du Seigneur devient ainsi le symbole de communion qui nous fait participer à la vie qu’il possède en plénitude, puisque partager la table avec quelqu’un relève quand même d’un minimum de confiance, de considération ; voire de rapprochement et d’amitié qu’on accorde à son convive. C’est ainsi que Dieu en nous accueillant à son banquet, nous fait part de sa vie. Par ailleurs, la fraction du pain qui est source de l’unité de l’Église, implique en nous de vivre dans la fraternité.
C’est au service de cette même fraternité pour le bien de toute la communauté qu’Étienne a consacré sa vie à Dieu. Ce simulacre de procès devant le Conseil suprême ainsi que l’exécution sommaire d’Étienne sont souvent mis en lien avec la condamnation et l’exécution de Jésus. On voit dans la mort d’Étienne le prolongement de la passion du Christ dans son Église fidèle à témoigner de la Vérité. Cela manifeste aussi le comportement de ceux dont les actions visent à détruire l’œuvre de Dieu. Luc dans les Actes des Apôtres ne nous rapporte aucune parole d’Étienne en guise de sa défense face aux faux témoignages de ses accusateurs qui pourtant ne pouvait résister à la sagesse et à l’Esprit qui présidaient aux signes et à ses enseignements. La seule chose qui est dit d’Étienne par rapport à son attitude est que « son visage était comme celui d’un ange » (Ac 6, 15). Comme pour dire que l’innocence d’Étienne témoigne en sa faveur contre ses adversaires. L’image de l’ange ici renvoie aussi bien à sa mission en tant que messager de Dieu qu’à son activité céleste, celle de contempler la gloire de Dieu. Le silence d’Étienne peut enseigner à tout chrétien qui est persécuté aujourd’hui que la raison ne se trouve pas toujours dans la force de la parole mais que l’être et la vie même du chrétien sont des signes éclatants de la vérité. Le psalmiste ne dit-il pas : « Lorsque des grands accusent ton serviteur, je médite sur tes ordres. Je trouve mon plaisir en tes exigences : ce sont elles qui mes conseillent » ? (Ps 118, 23-24).
La figure de l’ange est le reflet de la face de Dieu. Dans la Bible, l’expression « voire l’ange de Dieu » signifie être visiter par Dieu ou voir Dieu lui-même. Étienne dont la vie trouvait force dans la communion au corps du Christ devient le reflet du Christ devant ses adversaires. Qu’advient-il à nous qui mangeons à ce pain et buvons en cette coupe ? Puissions-nous faire nôtre en ce jour où nous célébrons saint Athanase — le patriarche d’Alexandrie qui a subi cinq exils pour le fait de lutter contre l’arianisme qui niait la divinité du Christ — cette prière de saint Augustin : « Seigneur, je T’ai cherché et Tu m’as fait Te trouver ; mais fait que T’ayant trouvé Tu me donnes la grâce de Te chercher encore ».

Excellent début de semaine à toutes et à tous !

P. Jean-Glory MUKWAMA, a.a.


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