Première lecture : « Ceux qui s’étaient dispersés annonçaient la Bonne nouvelle de la Parole là où ils passaient. » (Ac 8, 1b-8)
Psaume : 65 (66), 1-3a, 4-5, 6-7a
Evangile : « Telle est la volonté de mon Père : que celui qui voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle. » (Jn 6, 35-40)
« Moi je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif. »
Bien aimés dans le Seigneur, la première lecture d’aujourd’hui, nous présente la situation catastrophique qui prévaut dans l’Eglise après la mort par lapidation du diacre Etienne. Une grande persécution de l’Eglise s’en est suivie. Ceci a pousse les fidèles à s’enfuir loin de Jérusalem, excepté les apôtres. A la tête de cette persécution se trouve Saul, le futur Paul. L’on aurait dit que même lui, pourtant disciple de Gamaliel, n’a pas compris l’appel à la prudence lancé par son maître, vis-à-vis de cette secte. Rappelons ce que ce grand Rabbin plein de sagesse et de discernement disait aux autres membres du Grand Conseil lors de la comparution des apôtres Pierre et Jean devant le tribunal : « Dans les circonstances présentes, je vous le dis : ne vous occupez plus de ces gens-là, laissez-les. En effet, si leur résolution ou leur entreprise vient des hommes, elle tombera. Mais si elle vient de Dieu, vous ne pourrez pas la faire tomber. Ne risquez donc pas de vous trouver en guerre contre Dieu. » Cette persécution a un seul objectif : mettre fin à cette « secte hérétique » qui gagne de plus en plus d’espace mettant à mal la religion officielle, celle-là même voulue par Dieu. En persécutant l’Eglise Saul est convaincu d’agir en conformité avec la Loi, pour ainsi dire, il était convaincu de rendre un culte à Dieu. D’ailleurs c’est son zèle pour les choses de Dieu qui le pousse à entreprendre de telles actions. Il recevra même l’autorisation des grands-prêtres pour se rendre dans les villes voisines de Jérusalem afin de ramener captifs tous les adeptes de cette nouvelle secte. Alors que l’on aurait pensé à la fin de l’Eglise, il ne s’agira là que du début d’une longue aventure qui dure encore jusqu’aujourd’hui, voilà plus de deux mille ans. La persécution bien qu’étant un mal en soit, a été le premier moyen dont le Seigneur s’est servi pour l’expansion de son Eglise au-delà des limites de Jérusalem. Saint Luc, l’écrivain sacré du livre des Actes des Apôtres, le note avec un brin d’ironie en nous parlant brièvement de l’action missionnaire d’un autre diacre qui émerge dans la foulée, en remplacement de celui qui vient à peine d’être tué : il s’agit de Philippe. Voici ce que Luc dit de lui : « Ceux qui s’étaient dispersés annonçaient la Bonne Nouvelle de la Parole là où ils passaient. C’est ainsi que Philippe, l’un des Sept, arriva dans une ville de Samarie, et là il proclamait le Christ. Les foules d’un même cœur, s’attachaient à ce que disait Philippe, car elles entendaient parler des signes qu’il accomplissait ou même les voyaient. Beaucoup de possédés étaient délivrés des esprits impurs, qui sortaient en poussant de grands cris. Beaucoup de paralysés et de boiteux furent guéris. Et il y eut dans cette ville une grande joie. » L’on aurait parlé de la re-naissance de l’Eglise. Alors que Saul et sa bande pensait contrôler la situation, c’est pourtant le Seigneur qui l’emporte en faisant croître son Eglise au-delà de Jérusalem. Désormais, en dehors de Jérusalem l’Evangile se répandra jusqu’aux extrémités de la terre, selon le dessein de Dieu.
Chers frères et sœurs cet extrait nous montre que seul Dieu est le maître de l’histoire. Car l’Eglise a subi tant de persécutions au cours de l’histoire. Cependant, elle s’en est sortie toujours renforcée et renouvelée de sorte qu’elle tient encore debout jusqu’à aujourd’hui, plus de deux mille ans après. Et l’histoire ne fait que poursuivre son long chemin jusqu’à ce que tous reconnaissent en Jésus l’unique Sauveur du monde. Tel est, en filigrane, ce dont il est question dans l’extrait de l’Evangile proposé à notre méditation aujourd’hui : la connaissance de Jésus, Fils unique du Père. L’Evangéliste Jean écrit : « Telle est la volonté de mon Père : que celui qui voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle ; et moi je le ressusciterai au dernier jour. » Il s’agit ici, non pas seulement d’une connaissance intellectuelle, mais plus que cela, une connaissance qui aboutit à une sorte de communion mystique entre le Seigneur et tous ceux qui croient en lui. Et cette connaissance passe par la communion à son corps et à son sang. « Moi Je suis le pain de la vie. Celui vient à moi, nous dit Jésus, n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif. » Puisse le Seigneur faire brûler en nous ce désir intense de communier à son corps et à son sang afin de devenir participants de sa vie divine. Cette vie divine en nous, qui nous mène jusqu’aux limites du monde, en dépassant les barrières de la haine, de la jalousie, de la domination sur les autres, de l’égoïsme, du tribalisme. Tels sont quelques maux qui rongent notre société actuelle, contre lesquels, nous chrétiens, nous sommes appelés à mener une lutte acharnée. Que le Christ ressuscité nous arme suffisamment afin qu’avec persévérance nous puissions, dans nos engagements quotidiens, lutter contre tout ce qui avilit l’Homme. Amen.
Prions : Protège ta famille, Seigneur, nous te prions, assure gracieusement à ceux que tu as dotés de la grâce de la foi une part éternelle à la résurrection de ton fils unique. Lui qui vit et règne…
Bonne méditation et bonne célébration pascale.
P. André Mbala, Mccj.

