Première lecture : « On décida qu’ils monteraient à Jérusalem auprès des Apôtres et des Anciens pour discuter de cette question. » ( Ac 15, 1-6)
Psaume : 121 (122), 1-2, 3-4ab, 4cd-5
Evangile : « Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruits. » (Jn 15, 1-8)
Chers frères et sœurs dans le Christ, la première lecture d’aujourd’hui nous rapporte le conflit qui avait surgit au sein de l’Eglise concernant la condition de nouveaux fidèles du Christ venus du paganisme. Depuis le jour de la pentecôte, beaucoup de fidèles rejoignaient le groupe des Apôtres. Mais la plupart d’entre eux étaient Juifs. On les a appelés : des Judéo-chrétiens. Avec le voyage de Paul et de Barnabé, même les païens ont ouvert leur cœur à la foi. Ainsi donc, des problèmes commencent à surgir. Faut-il leur imposer la coutume juive de la circoncision ou pas ? Pour les Juifs appartenant au groupe des Pharisiens, il fallait nécessairement imposer à tous la circoncision. Voici ce qu’ils leur disaient : « Si vous n’acceptez pas la circoncision selon la coutume qui vient de Moïse, vous ne pouvez pas être sauvés. » Ici il importe de rappeler la résistance de Pierre au tout début pour entrer dans la maison de Corneille, le centurion romain. Interpellé par le Seigneur, à travers une vision, Pierre a dû, non pas facilement, se laisser convaincre d’accompagner les gens qui étaient venus le chercher, pour aller dans la maison de Corneille. Arrivé chez Corneille, il était presque choqué de voir que l’Esprit Saint était descendu sur tous ceux qui étaient dans la maison, exactement comme ce fut le cas pour eux-mêmes le jour de la Pentecôte, avant même qu’il ne puisse ouvrir sa bouche pour leur parle. Alors Pierre a compris la leçon : Dieu ne fait pas de différence entre les personnes. Désormais, ce n’est pas l’appartenance à la nation juive qui est gage du salut mais la foi en Jésus, le Ressuscité. C’est ainsi qu’il ne pouvait s’empêcher de baptiser tous la famille de Corneille. Ce geste de Pierre, a cependant été jugé trop osé de la part de la communauté de Jérusalem, de sorte qu’il a dû donner des explications supplémentaires à toute la communauté avant que celle-ci ne se calme. L’on comprend alors la lenteur que les disciples avaient à s’ouvrir à la volonté de l’Esprit qui guide l’Eglise.
Par la suite, intervient le voyage missionnaire de Paul et Barnabé au cours duquel beaucoup de païens rejoignent la foi chrétienne. Ceci suscite de nouvelles discussions entre Paul et Barnabé d’une part et des gens venus de Jérusalem d’autre part. Pour ces derniers, il faut nécessairement circoncire les nouveaux au christianisme. Pour résoudre ce problème, ils décidèrent d’envoyer une délégation à Jérusalem auprès des Apôtres et des Anciens. Cette rencontre, appelée concile de Jérusalem, posera les bases d’un nouveau départ pour la communauté chrétienne. Ce concile reconnaitra la primauté de la grâce du salut par la foi en Jésus sur les prescriptions mosaïques. Ainsi donc, Paul et Barnabé se voient officiellement investis avec la charge d’annoncer la Bonne nouvelle aux nations, alors que Pierre, Jacques et Jean s’occuperont des Juifs. Les conclusions de ce concile, qui ne sont pas rapportées dans l’extrait à notre méditation d’aujourd’hui, nous aident cependant, à comprendre que seule la foi au Christ sauve.
Dans l’Evangile, Jésus évoque cette foi en ces termes : « Moi je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là, porte beaucoup de fruit, car en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. » Demeurer en Jésus c’est garder sa parole qui, en elle-même, contient le principe de purification : « Mais vous, déjà vous voici purifiés grâce à la parole que je vous ai dites. » C’est dire que la fidélité à la parole du Seigneur, garantit non seulement la communion avec le Maître, mais elle est aussi le gage d’une vie chrétienne en abondance. Nous sommes donc interpellés aujourd’hui à préserver l’unité entre nous en ayant les yeux fixés sur Jésus qui nous a tous appelés à la foi. Les apôtres ont su, malgré les difficultés qui ont surgi au sein de premières communautés, garantir cette unité dans le Christ qui est la vigne véritable. La plupart de problèmes qui conduisent aux divisions aujourd’hui ne viennent pas de l’extérieur mais de l’intérieur même de nos communautés. C’est pourquoi, nous sommes appelés à les résoudre dans par un dialogue vrai et patient, en nous laissant à éclairer par la Parole du Seigneur à laquelle nous devons demeurer fidèles. Faisons donc attention aux divisions parmi nous ; elles sont toujours l’œuvre du diable. Chrétiens, nous devons être les agents de la communion, par bâtir un monde fondé sur les valeurs de l’égale dignité de tous sous la mouvance de l’Esprit Saint.
André Mbala, missionnaire combonien

