L’embarras d’un policier
Le lundi 21 février 2022, je me suis retrouvé, dans la matinée, au croisement des avenues Kasa-Vubu et Sendwe. C’est ainsi que j’ai vu des policiers expulser des vendeurs et vendeuses qui étalent leurs marchandises le long de ces deux avenues.
Ce faisant, une scène a particulièrement attiré mon attention, à savoir : une jeune dame criait à l’attention d’un policier qui la malmenait : « Je suis épouse d’un policier dont le mécano est 100101102, ». Je crois avoir bien saisi ce numéro ! Elle a poursuivi en ces termes : « Pas de vente aujourd’hui, point de pain pour votre collègue ! Nous, épouses des policiers et militaires, sommes nombreuses à pratiquer le petit commerce ici, au Pont CABU.»
A ces mots, le policier en question est resté pensif quelques secondes avant de rétorquer en ces termes : « Obéissez d’abord, les chefs ont décidé, etc. » La jeune dame avait touché l’âme sensible du policier. En bonne stratège, elle avait mémorisé le mécano de son mari.
Face à ce spectacle, j’ai compris pourquoi il est interdit à un agent de carrière de service public d’exercer directement ou indirectement du commerce. C’est pour ne pas être à la fois juge et partie. Tant que le policier ne sera pas bien payé, il y aura de nombreuses entraves à son travail. Il faut le mettre dans des bonnes conditions de travail pour, d’une part, obtenir de lui un bon rendement et, d’autre part, le rendre de moins en moins pourvoyeurs « des enfants de la rue. »
MABAYA DIAMBOMBA Médard

