Ce jour là, le 17 mai 1997, les habitants de la Ville-province de Kinshasa voient débarquer dans la capitale du Zaïre les premiers éléments de l’AFDL. Certains avaient des armes sur les épaules, d’autres transportant des caisses des munitions sur la tête. La population le long du Boulevard Lumumba chantait en honneur des « libérateurs ». Les jeunes gens étaient accueillis en bras ouverts dans la capitale après la chute du Maréchal Mobutu en fuite du pays. C’était un jour de joie, un jour de libération !
Le peuple ne s’est pas trompé, c’est vraiment la libération du régime dictatorial qui a duré 32 ans. Au Pouvoir, les révolutionnaires s’investissent dans les actions citoyennes pour bâtir un Congo plus beau qu’avant. Très vite, le régime AFDL s’engage à retrouver l’indépendance politique de la République, son nom original, son drapeau et son hymne national. Il sonne la fin de l’impunité et le lancement du Service national pour révolutionner le travail.
Laurent Désiré devient alors, le chouchou du peuple ; on l’appelle désormais : « soldat du peuple ». Pendant ce temps, les ennemis de Mzee ne trouvent toujours pas sommeil ! L’homme nationaliste dans son sang redonne espoir d’un Congo grand, prosper et monte en popularité dans son pays après la fin tragique du mobutisme.
Hélas, il ne va pas échapper à la méchanceté de ses détracteurs. En janvier 2021, il meurt assassiné en son Bureau de travail au Palais des marbres à Kinshasa. C’est le Congo qui est en deuil national, plus sérieux que ça, les rêves d’installer un programme de démocratisation et de développement qui devrait impliquer des populations, l’instauration de l’auto prise en charge, la construction d’un Etat du peuple, l’organisation des entités administratives de base et le chantier de l’autosuffisance alimentaire et l’occupation de la jeunesse à travers des programmes comme le service national s’envolent avec son visionnaire, un grand choc, trois ans seulement après la prise du Pouvoir.
Rapidement, le Congo va amorcer son relèvement avec l’arrivée de son fils, Joseph Kabila au Pouvoir en 2001, quelques jours après la mort de son père. Cependant, le constat est qu’en ce jour où nous célébrons la libération du 17 mai 1997, la République démocratique du Congo a suffisamment reculé sur tous les plans : politique, sécuritaire, économique et autres. La corruption, les détournements, l’impunité, le clientélisme, le tribalisme,… sont devenus la mode de vie en RDC pendant que la population croupit dans la misère la plus atroce face aux gouvernants qui baignent dans l’opulence au quotidien. Nous pouvons affirmer que l’espoir qu’avait suscité la libération conduite par Laurent Désiré Kabila et ses « kadogo » le 17 Mai 1997 est étreint par la soif du Pouvoir pour le Pouvoir, la cupidité et l’égoïsme des gouvernants congolais. Il y a donc lieu de nous appeler tous, congolais, à la prise de conscience et au changement du narratif pour bâtir un Congo où il fait beau vivre.
Kinshasa, le 17 mai 2023
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Germain Aboki (Expert en Sciences de l’Information et de la Communication; Journaliste – RDC; Analyste politique; Conseiller en Communication)

