La situation sécuritaire dans la province de l’Ituri n’a pas connu une amélioration, recadre Me Jean-Bosco Lalo dans une interview impromptue accordée à notre média depuis Kinshasa. Sans détour, le Président national du CALCC et Premier Vice-président et Porte-parole de la Société Civile Forces Vives de la RDC a laissé entendre que le Gouverneur militaire de l’Ituri, le Général Johnny Luboya, a menti face au Premier Ministre Sama Lukonde et toute sa délégation lors de l’évaluation de la situation sécuritaire des provinces sous état de siège à Goma.
« Non, la situation sécuritaire en Ituri n’a pas évolué. D’ailleurs au moment où je vous parle, les transporteurs oeuvrant sur la route Butembo – Kisangani ont déclenché une grève sèche d’un mois à partir du mardi 23 mai 2023 suite à l’insécurité grandissante sur ce tronçon », dit Me Jean Bosco Lalo. Il note un grand activisme des rebelles et miliciens en Ituri durant l’état de siège favorisé par le manque des opérations militaires.
Me Jean Bosco Lalo est revenu une semaine en arrière avec des faits saillants pour contredire Luboya qui a fait une présentation de la situation sécuritaire évolutive devant Sama Lukonde et toute sa délégation à Goma.
Tenez :
« un enfant de 2 ans a été tué par des éléments CODECO le mardi 23 mai 2023 à Huma dans le territoire de Djugu, surpris avec sa mère au champ. Le jeudi 25 mai, des hommes armés ont fait incursion dans trois carrés miniers du groupement Bafwabango sur l’axe routier Niania – Isiro dans le territoire de Mambasa où ils ont violé une femme au Camp Base avant d’emporter plusieurs biens de la population notamment de l’or, de l’argent et téléphones portables. Le même 25 mai, des rebelles ADF ont blessé par balle un enfant et incendié plusieurs biens de valeurs dont deux motos et six maisons lors d’une incursion dans la localité de Masiliko sur la RN4 dans la chefferie de Babila – Bakwanza », a-t-il affirmé.
Plus récemment encore, un convoi des véhicules a été attaqué par les rebelles ougandais ADF au village Sokotano sur la RN4 à 12 km de Komanda dans le territoire d’Irumu, faisant 2 civils tués et au moins 7 véhicules incendiés avec marchandises, a-t-il ajouté.
Très pragmatique, il va jusqu’à brandir le Rapport mis à jour du Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme (BCNUDH) – Monusco qui contredit les propos de Luboya à Goma sur la situation sécuritaire en Ituri. Ce document publié en Avril 2023 souligne noir sur blanc que « la situation ne s’est pas améliorée ».
Pendant la période considérée par ledit Rapport (entre le 1er janvier et le 31 décembre 2022), le BCNUDH a documenté des attaques contre les populations civiles par les membres des groupes armés actifs en Ituri.
« Avec une augmentation de neuf pour cent du nombre de victimes par rapport à l’année précédente, ces violations et atteintes ont causé la mort d’au moins 1089 personnes (786 hommes, 165 femmes et 138 enfants), notamment par exécution sommaire et extrajudiciaire », précise le rapport du BCNUDH – Monusco.
Germain Aboki

