LUNDI 18 avril 2022 Lundi dans l’octave de Pâques C

Actes des apôtres 2, 14. 22b-33
Psaume 15 (16)
Matthieu 28, 8-15

De la crainte à une grande joie

Chères sœurs, chers frères, que le Seigneur vous donne sa paix.

Au lendemain de Pâques nous rencontrons des textes bibliques qui nous présentent des personnages au courage exceptionnel alors qu’ils étaient, il y a peu, tous craintifs. Que s’est-il donc passé ? Nous croyons qu’il s’est passé quelque chose de grand. Un événement qui a su transformer totalement la vie des disciples du crucifié. Il ne pourrait s’agir que de sa résurrection qui puisse redonner ainsi confiance à leurs cœurs découragés, car le remède du découragement ne pas le courage mais la confiance. Jésus Christ, celui-là même qui a été supprimé en étant cloué sur le bois par la main des impies, Dieu l’a ressuscité en le délivrant des douleurs de la mort, car il n’était pas possible qu’elle le retienne en son pouvoir ; affirme courageusement Pierre devant les Juifs (cf. Ac 2, 23-24). Le Christ passe de la mort à la vie. Le miracle de la résurrection est un tournant dans la vie des disciples qui les rassure dans la confiance au Christ. Oui, Pâque c’est réellement le passage de Dieu dans notre vie. Un passage qui ne peut nous laisser indifférents. Il marque nos vies des traces qui les transforment entièrement. Deux d’entre elles sont la joie et la paix. Nous ne pouvons faire l’expérience du Christ ressuscité et resté prisonniers de nos propres peurs et craintes. La rencontre avec le Ressuscité nous dégage au large avec une grande joie et nous procure la paix. Dieu qui passe dans nos vies, la fait également passer de la peur au courage ; de l’inquiétude à la quiétude ; de la violence à la paix ; de la mort à la vie.
De quel courage le pêcheur de Galilée, Pierre, a-t-il été investi pour tenir, cette fois-ci, un tel discours à l’endroit des Juifs et de tous les résidents de Jérusalem, lui qui, quelques jours plus tôt, avait renié son Maître devant une pogné de servantes du palais de Caïphe ? Pensons-nous un seul instant qu’il aurait changé d’attitude sans qu’il ait reçu l’assurance d’un plus fort que lui qui peut dominer sa peur ? Voilà jusqu’où la résurrection peut nous conduire : elle nous pousse à nous départir de ce qui constituait dans le passé nos peurs injustifiées. Par sa résurrection, le Christ nous rend capable de redire ces paroles du psalmiste : « Mon cœur exulte, mon âme est en fête, ma chair elle-même repose en confiance : tu ne peux m’abandonner à la mort ni laisser ton ami voir la corruption » (Ps 15, 9-10). L’amour vaincra.
Chères sœurs, chers frères, nous savons désormais que Jésus est vivant ; sur lui la mort n’a plus aucun pouvoir. Alors pourquoi craindre aux jours des malheurs comme si nous étions privés de la lumière pascale et vivons comme des hommes et des femmes sans espérance ? Aurons-nous encore aujourd’hui raison de craindre le monde qui nous demande de justifier la raison de notre foi ? De quoi avons-nous réellement peur ? D’un avenir incertain ? Des fléaux et calamités de notre siècle ? Des pouvoirs des puissants de ce monde qui nous oppriment ? Avons-nous peurs de nos ennemis et de notre adversaire le diable ? Avons-nous peur de commencer par crainte du qu’en-dira-t-on ? Peur d’oser entamer une nouvelle aventure avec le Christ ou peur de pouvoir nous engager sur les routes de Galilée à la croisée des chemins avec ceux qui ne pensent pas forcement comme nous et qui ne partage pas notre horizon culturel ? Et pourtant, c’est là, c’est en Galilée que le rendez-vous est donné : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront » (Mt 28, 10).
Dans l’évangile, Jésus qui apparaît aux femmes, les salue. Matthieu qui adresse cet évangile certainement aux Juifs qui constituent sa communauté, n’a pas besoin de donner le contenu de cette salutation puisqu’il est bien connu de tout son auditoire : la salutation en hébreu se dit shalom. Saluer pour un Juif c’est souhaité la paix. La paix est la meilleure chose que l’on puisse évoquer sur quelqu’un. Elle traduit l’idée de la complétude et de la plénitude. Demander la paix sur quelqu’un c’est en fait le combler. Jésus ressuscité est bien conscient de la crainte qui habite les femmes en ce moment. Il connaît aussi la peur qui reclus ses disciples au Cénacle après être frappé par les drames d’une exécution sommaire et infâme de leur Maître dont ils venaient d’être les témoins sidérés.
À tous ceux-ci, Jésus dit « je vous salue » c’est-à-dire, shalom. C’est la même paix dont il veut nous combler encore aujourd’hui, nous qui célébrons sa résurrection. Une paix qui va au-delà d’un simple apaisement de cœur. Cette paix est la plénitude même de sa personne, lui le Prince de la paix. Il nous la donne au moment où la menace de la guère secoue le monde à la sortie d’une grave crise sanitaire. Il nous la donne alors que nos cœurs sont en partie terrifiés par les soucis du temps présent et nos oreilles arrosées des nouvelles propagandistes des médias qui nous abasourdissent. Ce souhait de paix nous arrive pendant que nous assistons impuissamment avec un cœur étreint d’angoisse à une culture de mensonge et de corruption qui caractérisent nos gouvernants politiques. Ne nous étonnons pas. Ceux qui présidaient au destin spirituel et politique du peuple Juif au moment de la résurrection de Jésus ne font pas exception : ils ont trempé dans le mensonge et la corruption. Pendant que la paix du Christ accompagnait les femmes en chemin, le mensonge aussi courrait les rues de Jérusalem. Cependant, la version qui a été trafiquée et imprégnée de mensonge sur fond de corruption devient deux mille ans après, jour pour jour, la vérité du plus forte et indéniable. Une vérité probante : Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité !

Joyeuse fête de Paques à toutes et à tous !

P. Jean-Glory MUKWAMA, a.a.


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