Actes des apôtres 16, 11-15
Psaume 149
Jean 15, 26 – 16, 4a
Témoigner à temps et à contre-temps
Chères sœurs, chers frères, que le Seigneur vous donne sa paix.
Nous terminons une semaine au cours de laquelle, dans l’évangile de saint Jean, Jésus revenait constamment sur le lien d’amour qui l’uni étroitement à son Père. C’est sous cet égide d’amour que les disciples du Christ doivent demeurer pour que leurs témoignages soient sans compromission et, afin qu’ils espèrent rendre fructueuse leur vie de foi à la face du monde. Aujourd’hui commence la semaine qui nous conduira à l’Ascension de Jésus : le départ de Jésus n’est pas absolument son absence puisque le Paraclet (l’aide, le protecteur, l’intercesseur, le consolateur), l’Esprit Saint qui procède du Père dans sa relation avec le Fils, poursuivra l’œuvre du Fils dans la vie missionnaire de ses disciples.
Dans l’évangile, juste après l’annonce de la venue du Paraclet, Jésus prend bien le soin d’avertir ses disciples sur l’épreuve qu’ils connaitront bientôt dans l’exercice de leur ministère : « Je vous parle ainsi, pour que vous ne soyez pas scandalisés. On vous exclura des assemblées. Bien plus, l’heure vient où tous ceux qui vous tuerons s’imagineront qu’ils rendent un culte à Dieu » (Jn 16, 1-2). Les chrétiens ne sont pas immunisés contre les souffrances et les vicissitudes de la vie. Parfois même elles proviennent de là où ils les attendent le moins : de la famille, de nos amis intimes, de notre paroisse, etc. Oui, la persécution commence au sein même de l’assemblée c’est-à-dire, au sein des Synagogues. Elle va de l’exclusion à la peine de mort. Ce passage reflète la situation propre que connaissait l’Église naissante sortie du Judaïsme. Voilà ce que comporte en quelque sorte notre engagement à suivre le Christ. Que cela ne nous scandalise pas, nous prévient Jésus. « Le serviteur n’est pas plus grand que son maître » (Jn 13, 16), disait-il auparavant. Chrétiens, nous sommes au service de cette Parole pour laquelle nous devrions être prêt à donner notre vie.
Au lieu que ce discours jette le désespoir sur ceux qui l’entendent, il doit au contraire les armer de force et de persévérance à rendre témoignage à temps et à contre-temps parce qu’ils sont avec Jésus depuis le commencement (cf. Jn 15, 27). Le mot ‘‘archēs’’ traduit généralement par ‘‘commencement’’ nous renvoie tout naturellement au commencement du livre de la Genèse (Gn 1, 1) mais aussi au Prologue de saint Jean (Jn 1, 1). Repris ici par Jean, il garde son acception de préexistence. Cela signifie que la persécution des disciples sera postérieure à celle qu’ils ont vu connaitre Jésus dès le début de son ministère depuis la Galilée jusqu’à Jérusalem. Autrement dit, les disciples ont la précompréhension de ce qu’ils vivront. De ce fait, ils s’engageront en connaissance des causes. ‘‘Archēs’’ signifie aussi et surtout que Jésus dont l’existence est antérieure au temps et aux circonstances assure depuis toujours sa présence et son aide dans la vie de ses disciples : ils sont protégés par lui-même dès le commencement du monde, c’est-à-dire de l’entrée à la sortie de leur persécution les disciples demeurent dans le sein du Christ. Pour cela, ils ne doivent rien craindre. Quelle assurance ! Dans le moment de fragilité et d’un apparent échec, Jésus ne nous demande pas de nous protéger en nous repliant sur nous-mêmes et en nous crispant sur l’enseignement que nous avons reçu. Bien au contraire, il nous ouvre vers lui-même en qui nous appartenons depuis la nuit des temps.
Le témoignage de Jésus ressuscité est un impératif missionnaire qui incombe à tout disciple du Christ qu’il soit persécuté ou non. Nous porterons ce témoignage à temps, à contre-temps par-delà les frontières. La chronologie de Luc dans les Actes des Apôtres nous présente l’intrépidité missionnaire de Paul. En deux jour il a parcouru quatre villes (Troas, Samothrace, Néapolis et Philippes) et a emprunté deux fois les navires (de Troas à Samothrace, de Samothrace à Néapolis). Pour qui risques-tu ta vie ? Pour quelle cause te mets-tu en chemin pour rencontrer des sœurs et des frères ? Arrives-tu à être témoin du Christ dans le monde de ce temps ? Quelles sont les obstacles que tu n’arrives pas encore à braver pour l’annonce de Jésus Christ ?
Excellent début de semaine à toutes et à tous !
P. Jean-Glory MUKWAMA, a.a.

