LUNDI 4 avril 2022* Cinquième semaine de Carême C (Saint Isidore)

Daniel 13, 1-9.15-17.19-30.33-62
Psaume 22 (23)
Jean 8, 12-20

Le rayonnement de la vérité

Chères sœurs, chers frères, que le Seigneur vous donne sa paix.

Les textes bibliques que nous méditons en ce jour nous parlent de la lumière et de la vérité comme les revers d’une même médaille. En effet, les hommes de tous les temps et de tout lieu désirent la lumière et tous aspirent à la vérité. Dans notre monde, la lumière est comprise comme une énergie rayonnante, indispensable à la vie. Elle est émise par une source et permet de révéler, de voir les objets qu’elle touche. C’est grâce à la lumière que l’on peut voir nos semblables, admirer la beauté de la création, distinguer les couleurs, identifier les objets, bref connaître le monde ambiant. La lumière a donc cette particularité de révéler les choses tout autour de nous. C’est à travers elle que la vérité arrive enfin au grand jour.

En pleine fête des Tentes, l’une des trois fêtes obligatoires de pèlerinage pour tout juif vivant en Palestine ou en diaspora (cf. Ex 23, 14-17) au cours de laquelle l’on célèbre dans la joie, l’assistance divine reçue par les hebreux lors de l’Exode et la récolte qui marque la fin du cycle agricole annuel, Jésus monte à Jérusalem et dans le Temple, il révèle aux Juifs qu’il est la lumière du monde (cf. Jn 8, 12). Ce témoigne qu’il fait de lui-même concorde avec ce que le saint évangile de Jean lui rend en son prologue (cf. Jn 1, 4-5). Dans cette sorte de dialogue entre lui et les Pharisiens, Jésus entend démontrer son autorité par rapport à la Loi ; laquelle autorité n’a besoin d’aucune autre preuve ni d’un quelconque autre témoin. Sa parole à elle seule est pleine et suffisante. Au cours de ce jeu de questions-réponses, Jésus reprend par trois fois le syntagme « Moi, Je Suis » ‘ego eimi’ (cf. Jn 8, 12.14.18). Or, nous savons bien la teneur de cette phrase. Elle nous rappelle sans doute, surtout elle rappelle aux juifs qui l’écoutent, la redoutable identité, sinon le nom que Dieu révéla à Moïse au mont Sinaï (cf. Ex 3, 14-15). Repris ainsi trois fois, le « Je Suis » acquiert le sens de la totalité et de la plénitude de la nature divine en Jésus. Celui qui se déclare être la lumière du monde que tout homme est appelé à suivre est donc Dieu. C’est lui l’initiateur de l’Exode que commémore la fête des Tentes. C’est aussi lui le législateur de la Loi qui est destinée à conduire la vie des juifs, leur montrant le bien à faire et le mal à éviter. En définitive, reconnaissons à travers ce témoignage de Jésus, la bouche autorisée du Père, que la lumière qui éclaire tout homme qui vient dans le monde est en réalité le principe du jugement de Dieu et le rayonnement de sa vérité dans le monde.

C’est en ce sens que Daniel, le héros de la première lecture, apparaît comme l’image et la préfiguration du Christ au temps de Suzanne. Son témoignage d’innocence (cf. Dn 13, 46), son jugement juste et impartial (cf. Dn 13, 48-62) ont été au service de la vérité. Son intervention courageuse a dû étendre un rayon de lumière et a restauré la vérité dans l’inique procès attenté contre Suzanne. Nous savons que dans la tradition juive, il faut deux témoins pour établir la vérité lors d’un procès. Or, le récit de Suzanne est un contre-exemple qui démontre l’inopportunité de la loi de deux témoins. Inversement, Daniel comme Jésus, l’un et l’autre dans le temps et les circonstances qui sont les leur ont su, chacun dans sa singularité, rendre un témoignage personnel et sans complaisance dans l’unique but d’amener tout ce qui est caché à la lumière de la vérité. Ainsi, l’homme qui juge de façon purement humaine (cf. Jn 8, 15) ne peut faire preuve d’un minimum d’équité envers son semblable que s’il sait s’ajuster à l’éclat de la vérité qui lui vient de la part de Dieu.

Comme chrétien, nous avons reçu lors de notre baptême un cierge allumé. Ceci représente le signe de la lumière du Christ que nous sommes censé incarner dans nos vies au quotidien. Combien d’entre nous sont-ils encore aujourd’hui fidèles à marcher dans cette lumière ? Combien sont-ils encore courageux à prendre parti pour la vérité aux risques et périls de leurs propres vies ? Que des ténèbres dans le monde ! Que des règlements de comptes entre frères et sœurs ! Que des coups bas, des combines et de procès montés de toute pièce ! Pourrions-nous nous dire témoins de la lumière et de la vérité du Christ ? Dans nos familles, nos relations interpersonnelles, dans nos sociétés, sommes-nous réellement vrais ? Sommes-nous ces rayons de lumière qui dissipent les ténèbres épaisses qui couvrent nos cœurs et obnubilent le monde aujourd’hui ? En marchant au-devant des fêtes pascales qui approchent, invoquons l’esprit de sainteté qui a crié dans la bouche du jeune homme Daniel la parole qui épargne la vie de nos frères et sœurs que nos sociétés et notre monde condamnent injustement afin que la lumière de la résurrection atteigne vraiment les cœurs insensibles à la vérité.

Excellente semaine à toute et à tous !

P. Jean-Glory MUKWAMA, a.a.


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