Première lecture : « Dieu a envoyé son ange et délivré ses serviteurs. » (Dn 3, 14-20.91-92.95)
Cantique : Dn 3, 52, 53, 54, 55, 56
Evangile : « Si le Fils vous rend libres, réellement vous serez libres » (Jn 8, 31-42)
La première lecture d’aujourd’hui nous parle du sort réservé aux trois jeunes : Sidrac, Misac et Abdénago, condamnés au bûcher pour avoir désobéis à l’ordre du roi. Sous le règne de Nabuchodosor, alors que le peuple est en exil, le roi leur enjoint de se prosterner devant la statue d’or qu’il a fait ériger à son honneur. Les trois jeunes montrent un courage intrépide, fidèles aux commandements du Seigneur : « Tu n’adoreras que Dieu seul », refusèrent de se plier à la volonté du Roi. Ce dernier décida de les brûler vifs. En plein milieu du feu, ils chantaient les louanges divines. Dieu leur envoya un ange pour les délivrer des flammes. Ainsi, du milieu du feu le roi pouvait voir non plus trois hommes ligotés mais quatre hommes se promenant librement et parfaitement indemnes. Totalement bouleversé par ce spectacle, il les appela du milieu du feu et commença à bénir le Dieu de Sidrac, Misac et Abdénego. Ces trois enfants sont pour nous des modèles d’une foi inébranlable. Ils ont placé leur confiance en Dieu malgré la persécution qu’ils ont subi, sachant que tôt ou tard le Seigneur les délivrerait de la main de leur oppresseur. Ils étaient convaincus que Dieu n’abandonne jamais ceux qui se confient en lui. Ces trois enfants nous questionnent sur la manière dont nous vivons notre foi au quotidien. Ne la vivons-nous dans le compromis ? A cause des intérêts personnels, ne sommes-nous pas de ceux qui abandonnent vite leur foi, pour se prosterner devant des idoles ? Le monde actuel, avec sa subtilité, nous propose plusieurs idoles qui ont l’apparence de Dieu. Si nous ne sommes pas avertis, le risque est de nous détourner du vrai Dieu, pour nous mettre au service des idoles (le pouvoir, l’argent, l’image de soi, etc).
Il est évident qu’aujourd’hui, même si nous ne sommes pas directement persécutés, comme ces trois enfants, nous sommes intelligemment sollicités à remplacer la vraie adoration par l’idolâtrie dans notre vie. Le temps de carême devrait nous aider aussi à lutter contre toute forme d’idolâtrie dans notre vie. Jésus nous a montré le chemin à suivre : la méditation de la Parole de Dieu. Soyons donc éveillés et totalement tournés vers Dieu pour ne pas abandonner le chemin de la foi qui est l’unique chemin de liberté.
Dans l’Evangile, parlant à ceux qui viennent de croire en lui, Jésus leur dit : « Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples alors vous connaitrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. » Comment demeurer fidèle à la parole du Seigneur, si nous ne l’écoutons pas assez souvent ? L’écoute fréquente de la parole de Dieu nous fait découvrir sa volonté sur notre vie, et nous fait grandir dans notre être-enfant- de – Dieu. Que ce temps de carême nous aide à nous familiariser davantage avec la parole de Dieu, afin que nous comprenions davantage ce que veut être disciple du Christ. Que la parole de Dieu devienne ce miroir à travers lequel nous pouvons contempler notre vie à la lumière usant le regard de Dieu. C’est la meilleure manière de fuir l’esclavage du péché. Alors nous pouvons faire l’expérience de la vraie liberté qui ne peut nous être donnée que par Jésus. La parole de Dieu a cette vertu de nous montrer qui nous sommes réellement : fils et filles de Dieu libérés du péché par Jésus. Ainsi donc, aucune compromission ne doit être citée parmi nous. Devenons de vrais artisans de la justice ; ne nions pas notre foi à cause d’un quelconque avantage que le monde peut nous proposer. Avec Jésus, redécouvrons la beauté de vivre notre foi, malgré les difficultés du temps présent, confiant que le Seigneur est de notre côté et qu’il n’abandonne jamais ceux qui croient en lui.
Bonne montée vers Pâques !
P. André Mbala, Combonien.

