La résurgence des hostilités déclenchées par la faction terroriste du M23 avec un soutien dénudé en hommes, en armes et en munitions du Rwanda ces derniers jours tend à s’exacerber si l’Union Africaine et la communauté internationale dans toute son ensemble, particulièrement les États-Unis d’Amérique, ne s’investissent véritablement.
A l’heure où la République Démocratique du Congo, par la bouche du porte-parole du gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général Sylvain EKENGE BOMUSA, d’un ton ferme, vient de confirmer sans détour comme le 28 mars dernier devant la presse après la capture de deux militaires rwandais issus du M23 ayant attaqué Tchanzu et Runyonyi le 26 et le 27, qu’une fois de plus, la RDC vient d’être agressée par son voisin (Rwanda).
« Mes dames et messieurs, quand on disait que le M23 n’existe que de nom, et que c’était le Rwanda qui agressait la République Démocratique du Congo, nombreux n’y croyaient guère »; confie-t-il devant la presse. Et de renchérir : » Comme on peut le constater, la RDC est effectivement agressé par le Rwanda ; désormais personne ne peut plus s’en cacher comme naguère. Et face à cette situation, les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) sont plus que déterminées à défendre mordicus l’intégrité du territoire jusqu’au sacrifice suprême (la mort) Pour rien au monde, nous ne laisserons jamais personne occuper un seul millimètre de notre sol »; martèle le général Sylvain EKENGE.
Comme il fallait s’y attendre, le Rwanda rejette toute responsabilité et invite la RDC non seulement à régler en interne ses « griefs » avec ses militaires dissidents » du M23, mais aussi demander aux rebelles des Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda (FDLR) qu’elle entretient et soutient de libérer des deux militaires enlevés le long de ses frontières avec la RDC.
« Bien qu’il soit légitime que le Rwanda réponde aux attaques répétitives des FARDC sur notre territoire, le Rwanda n’est pas impliqué dans les combats en cours dans l’Est de la RDC et n’a pas l’intention d’être entraîné dans une affaire interne de la RDC »; déclare la porte-parole du gouvernement rwandais, Yolande MAKOLO.
Et le ministre des affaires étrangères du même Rwanda d’ajouter plus clairement : »Je tiens à souligner à nouveau que le M23 est un problème interne congolais qui devrait être résolu dans le cadre du récent sommet de Nairobi en répondant à leurs revendications. Le gouvernement congolais a fait preuve d’un manque de volonté politique pour se conformer globalement aux résolutions du sommet de Nairobi »; conclu-t-il.
KAGAME ET LA POLITIQUE DE LA TERRE BRÛLÉE
Accusé d’être le soutien indéfectible du M23 et voyant deux de ses militaires arrêtés sans être libérés jusqu’au jour d’aujourd’hui malgré ses incessants appels, le président Paul KAGAME, en sa qualité de commandant suprême des forces armées rwandaises, a réuni ses officiers supérieurs pour leur faire l’économie de sa vision, mieux sa lecture de la crise. Et ses propos ont été quasi incendiaires parce que dépourvus de toute rhétorique diplomatique ou politique.
« Je ne crois plus aux négociations ; toutes les démarches initiées en ce sens n’ont abouti à rien. Le problème du Congo doit être réglé par la guerre. On doit attaquer le feu là où il a été allumé. Et c’est au Congo où il y a les Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda (FDLR) qui n’ont que le but de déstabiliser le Rwanda »; Paul KAGAME s’adressant à ses officiers supérieurs de l’armée.
Devant cette aggravation manifeste de la crise, l’Union Africaine, à travers son président, s’est décidée de prendre l’affaire à bras le corps connaissant l’étendue des dégâts collatéraux qu’une guerre ouverte Rwanda vs RDC pourraient avoir dans la région.
L’UA, UN TRAIT D’UNION INDISPENSABLE
Voulant être le trait d’union entre les deux pays membres de l’organisation, le président Macky Sall s’est concerté avec son homologue angolais, João Lourenço, qui président en exercice de la CIRGL ayant présidé le récent sommet de l »UA à Malabo au cours duquel les ministres des affaires étrangères s’étaient entraccusés, se trouve être le mieux choisi à mener les négociations entre ces deux pays en conflit. Il est (Lourenço), à proprement parler, membre de la zone géographique où se sont enclenchées ces atrocités qui risquent de s’exacerber.
D’après la ministre des affaires étrangères sénégalaise qui rend publique cette information, l’UA s’est résolue de prendre à bras le corps cette situation jusqu’à en venir à bout.
« Nous avons bon espoir d’arriver au moins à faire taire les armes en attendant d’arriver à la solution politico-diplomatique de la façon la plus urgente dans cette partie sensible de l’Afrique où il y a déjà beaucoup de problèmes humanitaires et des droits de l’Homme. Nous devons tout faire pour que cela ne s’aggrave pas »; déclare-t-elle.
La guerre étant toujours sale comme le dit un vieux dicton, il n’est nullement souhaitable d’envisager cette voie périlleuse susceptible d’entraîner l’un des pays dans un précipice affreux au grand dam de sa population.
Wait and see !
Dieu merci KANDA MPOYI.

