MEDITATION DE L’EVANGILE DU MARDI 08 MARS 2022: I° semaine du Temps de Carême de l’Année C.


1° lecture : Isaïe 55, 10-11
Psaume 33
Evangile : Matthieu 6, 7-15
La page de l’Evangile proposée à notre méditation par l’Eglise, ce mardi de la première semaine de Carême, est d’abord à situer dans le contexte du discours solennel de Jésus « sur la Montagne » ( Matthieu 5 – 7 ). Or ce positionnement de Jésus a, chez Matthieu, un sens théologique fort. Comme c’est de la montagne de Sinaï que Moïse révéla les Dix Commandements à Israël, ainsi, Jésus, le Nouveau Moïse a-t-il voulu se positionner sur la montagne ou sur une colline pour donner au nouveau peuple de Dieu la nouvelle loi, un commandement nouveau. Du haut de cette montagne, Jésus parlera tantôt de la nouvelle manière d’aimer (Mt 5, 38-48), de pardonner, de partager, tantôt de la nouvelle manière de prier. La prière fait donc partie des thèmes du discours de la montagne, comme le montre le passage soumis à notre méditation ( Mt 6, 7-15 ).
Certes, l’homme prie depuis qu’il eut le sentiment religieux selon lequel tout ce qui qui existe doit avoir un Etre supérieur et infini à son origine, c’est-à-dire Dieu. Tout l’Ancien Testament est un témoignage de la prière multiforme des croyants envers l’Eternel. Mais, il faudra le discours de la montagne pour nous révéler non seulement l’amour parfait, mais aussi la meilleure manière de prier, car il y a prière et prière, selon Jésus : « Quand vous êtes en prière, ne rabâchez pas comme les païens : ils pensent qu’en multipliant les paroles, ils seront exaucés » ( Mt 6, 7 ). En effet, en ces temps qui sont les nôtres, avec le pullulement des sectes, il semble que le meilleur orant est celui qui sait parler, parle beaucoup ou crie très fort? Comme si le Seigneur était sourd ! Non, Jésus nous enseigne que Dieu, en tant que Père, sait ce dont nous avons besoin avant que nous le Lui demandions ( V.8 ). La vraie prière doit venir du cœur ; mieux que parole, elle est regard d’amour, écoute obéissante et contemplation. Chaque fois que nous parlons beaucoup en prière, suspectons-nous nous-mêmes : très probablement nous voulons que se réalise notre volonté à la place de la volonté du Très – Haut. La force et la beauté de la prière ne résident pas dans l’abondance des paroles ou des mots. Ce serait de la magie s’il en était ainsi ! Le Saint Père François, dans une de ses catéchèses de décembre sur le ‘Notre Père’, montre que Jésus n’enseigne pas des formules pour obtenir des bonnes grâces  Le Pape souligne que Dieu est notre Père qui a une immense compassion pour nous et qui veut que ses enfants Lui parlent sans peur, en l’appelant directement Père. La figure de la paternité attribuée par notre Seigneur Jésus Christ à Dieu, veut souligner la proximité de ce dernier, sa tendresse et le fait qu’il se préoccupe de notre souci même moindre (’ Donne-nous notre pain de chaque jour … Ne nous laisse pas entrer en tentation mais délivre-nous de tout mal’).
De plus, le tout premier mot de la prière dont il est question c’est le pronom « Notre » qui en soi est déjà une théologie, surtout que partout où l’orant veut se désigner, c’est toujours à la première personne du pluriel. Dieu est Père de tout le monde et ainsi nous sommes tous des frères. Par conséquent, la prière doit être un haut lieu de l’exercice de la fraternité ou de la charité où l’on s’oublie soi-même pour penser surtout aux autres. Comme le Seigneur, qui m’aime, sait de quoi j’ai besoin ou ce qu’il me faut, en priant, je dois plus penser aux autres, à leurs souffrances, à leurs faiblesses, à leurs soucis et ainsi intercéder. ‘A moi le Seigneur pensera lui-même’, quant à moi, je pense aux autres.
La structure de la prière est parfaite et complète. Car dans sa première partie c’est le rapport vertical et dans la seconde, le rapport horizontal. On souhaite ( on s’engage ) d’abord que le nom du Seigneur Dieu soit sanctifié, que sa volonté soit faite et son Règne arrive ; ensuite, l’on invite Dieu à descendre vers ses créatures pour subvenir à leurs besoins, les sanctifier par son pardon et les protéger des tentations et du mal.
Somme toute, par cette prière, le Seigneur Jésus révèle à la fois à l’homme le vrai visage de Dieu ( Père de tous ) et la meilleure attitude que l’homme doit adopter pour une prière authentique ( l’humilité et la confiance totale ).
Carême est un temps de prière comme il est aussi le temps de pénitence, de jeûne, de solidarité. Que cet enseignement du Seigneur Jésus nous aide à mieux prier désormais, car, a-t-on vu et le Seigneur nous l’a fait voir :  « Il y a prière et prière ».
En cette date du 08 mars, fête internationale de la femme, pour célébrer ce qu’elle a gagné de ses droits et revendiquer ce qu’on lui dénie encore injustement, prions pour toutes les femmes, de tout âge et de tous bords afin que s’accomplissent leurs vœux. Ainsi le Notre Père sera-t-il mieux prié et plus savoureux.
Abbé Bruno KINGOMBE
Diocèse de Kasongo.

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